Biographie

 

Débordements Poétiques Urbains...

 

Fondée par Philippe Freslon en 1986 à Tours, la Compagnie Off a débuté par la création de petites formes en extérieur. Elle s’est étoffée au fil des ans en affirmant une recherche artistique fondée sur des thèmes universels mis en fiction et sur la scénographie vivante de lieux originaux. Théâtre de lieux et de liens, la composante urbaine et humaine est au cœur de ses réalisations. La Compagnie Off est aujourd’hui l’une des compagnies européennes emblématiques des Arts de la Rue. Ses créations dans l’espace public, issues d’un savoir-faire pluridisciplinaire mariant le cirque, l’opéra, l’art contemporain, la performance et les scénographies monumentales, voyagent autour du monde. 

 

La Compagnie Off joue à créer l’événement dans le lieu et pose les cadres hors-cadres de ses visions hors du temps. Les représentations spectaculaires et vivantes se déroulent dans des univers mouvants ou bâtis. Le lieu devient espace d’énergie au service d’une démesure contrôlée. La Compagnie Off joue à la déraison, à la transfiguration de thèmes universels – l’amour, la mort, la différence – par la sueur, le fantasme et l’extravagance. 

 

En constante adaptation aux contextes, au lieux et aux publics, les créations du répertoire alternent avec les performances sur-mesure écrites en étroite relation avec l’espace de représentation. Allant des déambulations carnavalesques aux expérimentations contemporaines dans les lieux atypiques, la Compagnie Off offre un débordement poétique urbain, et se fixe en permanence un cadre universel et intemporel, pour mieux pouvoir s’en échapper.

 

La référence est constamment présente, tant dans l’invention des personnages et dans la fêlure qu’ils détiennent, que dans les choix esthétiques des milieux dans lesquels ils évoluent.

 

 

Historique Artistique

 

Préambulation


Depuis ses débuts en 1986, la Compagnie Off explore la forme déambulatoire. Intimistes ou démesurées, abstraites ou narratives, ses créations abordent des thèmes universels, et revêtent des apparats du cirque et de l’opéra, sans jamais en chercher la notion de performance. Des images en mouvement, des scénographies urbaines, écrites pour, et par la rue. 

 

grosAvec Les Gros, intervention sensible de proximité (1990), elle retravaille une forme mutante et piétonne du clown : douze personnages déambulent dans vos rues, un sourire béat aux lèvres. On les voit sautiller sur les terrasses des immeubles ou flotter au fil de l'eau ; leur intervention est plastique et bouffonne, ce groupe composé de dix nationalités différentes travaille à la fois sur le non-faire et sur le non-texte. C’est le mouvement qui crée la narration, la trame dynamique, et non le texte. 

 

> Mouvement dans la ville, personnages bouffons à la découverte du décor urbain et de sa population, abandon du texte

 

 

 

defilefantastic

Le Défilé Fantastic (1991) s’inspire des fêtes médiévales, explore les traditions de défilés populaires anciens, mais en y mariant pour la première fois dans le parcours de la compagnie l’aspect grandiose et démesuré de l’opéra lyrique : la synergie entre les paillettes, la grandeur de l’opéra et l’urgence de la parade en rue crée une dramaturgie nouvelle, une écriture spécifique. Le chant lyrique complète la narration : frissons garantis.

 

> Scénarisation du défilé, complexification des personnages, recherche de la forme opératique en déambulation

 

 

 

7pechesCette forme d’opéra de rue se confirme et se développe encore dans Les Sept Péchés Capitaux (1993), véritable opéra en déambulation, qui mêle éléments fixes, objets scénographiques monumentaux - mais mobiles - chant et orchestration en direct, visions surréalistes plus contemporaines. L’accent est mis sur une écriture scénographique in situ, une trame urbaine co-dépendante du lieu investi, de son histoire, ses lignes, son architecture, sa population. 

 

> Exigence musicale proche de celle de l’opéra, intégration poussée du lieu de représentation dans la scénographie


 

 

baisersLes Baisers du Cinéma (1996) puise dans une forme d'art intrinsèquement fixe - voire figée, le cinéma, et propose d’en faire s’échapper les personnages, les sons, les images. Les baisers marquants de films célèbres se retrouvent projetés dans la rue, en trois dimensions, en mouvement (à l’instar de La Rose Pourpre du Caire de Woody Allen). La déambulation offre ici un cadre mobile, une pellicule déroulée en travelling linéaire infini, donne aux gris-sépia de la ville une pigmentation technicolore.

 

> Utilisation du cadre / hors-cadre propre au cinéma, mouvement en travelling linéaire

 

 

Avec Les Roues de Couleurs, Technoprocession (1999) la Compagnie s’éloigne pour un temps du monde lyrique pour plonger dans la frénésie électronique du mouvement techno : un travail sur la durée, la boucle, la répétition, l'endurance; une parade hypnotique qui traduit visuellement le rythme incessant du beat des musiques électroniques, qui puise sa force dans la transe. Une écriture se dessine autour du mouvement des grandes roues : montée lente en nappes successives, les roues sont des génératrices d'énergie en mouvement perpétuel ; les hommes de glaise qui les manipulent en sont les accumulateurs, et le public, les récepteurs.

 

 roues

> Maîtrise du rythme : respiration-dancefloor /accélération- chorégraphie d’objets monumentaux jusqu'à leur décollage final

 

Les Girafes, Opérette Animalière (2000) conjugue la narration classique d’une opérette aux objets plastiques et poétiques que sont les girafes. Au sol, la clique des garçons de piste assure le lien, énergie humaine omniprésente, en constant va-et-vient au service de la trame tragicomique des personnages principaux mais aussi attentifs au moindre caprice des girafes, indifférentes et majestueuses. Le fonctionnement station/narration et mouvement/énergie, issu d'un travail sur la verticale, s’accentue au fur et à mesure et se nourrit du public et du site qui lui donnent son relief et sa vigueur.

 

> Découpage narration / parade, éléments-satellites « perturbateurs »

 

 

Hors-piste : LE DEAMBULATOIRE – CENTRIFUGEUSE

 

carmenMême dans ses formes fixes, la Compagnie Off n’a jamais employé le rapport frontal: que ce soit dans Le Palais des Découvertes (1993), Carmen Opéra de Rue (1999) ou Va Donner aux Poissons une Idée de ce qu’est l’Eau (2004), la parade continue, mais enfermée dans les limites d’un espace circulaire : chapiteau, arène, roulette de casino géante. La trame du spectacle tourne sur elle-même comme en cage, dans un mouvement expansif de centrifugeuse foraine qui n’aura d’issue que dans l’implosion, le déraillement, la sortie de piste ou l’évasion par la verticale (la pianiste de Carmen quitte l’arène en sautant dans le vide, le directeur de cirque de Va Donner… s’envole au Paradis des clowns…).

 







Principaux extraits de 20 ans de création : Une Ecriture du Lieu et du Mouvement

 

vdaLa déambulation permet d’aborder une variété infinie de sujets et de traitements, au même titre que le spectacle « en fixe », en y ajoutant une urgence, une énergie mouvante et progressive particulière. Elle demande en contrepartie des adaptations scénographiques et scénaristiques propres. De ses nombreuses expériences, la Compagnie Off a retiré un savoir-faire poussé du fonctionnement de la parade, de la gestion du public, de la lisibilité scénographique et narrative de son contenu : traitement en hauteur, utilisation parcimonieuse du texte, grandes lignes verticales et horizontales, plastique particulière (couleurs franches en contraste… ), travail sur le rythme...

 

 

 

 

girafesOn aura ainsi vu Les Girafes, en septembre 2006 fendre une foule de 120000 personnes à Rome, avant de rencontrer Chartres et ses 1000 spectateurs quelques jours plus tard. Une trame similaire pour deux contextes, et au final deux versions très différentes du même spectacle : adaptation du rythme, équilibre entre narration et visions scénographiques démesurées, rapport spatial se doivent d'être ajustés en fonction du contexte. 

 

La parade a ainsi la propriété d’insérer le cadre de jeu dans son déroulement, de s’approprier le lieu scénique pour le transformer en acteur du jeu. Le rythme, le récit, la composition : tous ces éléments prennent racine dans une rue qui n’est pas anonyme, sur une place chargée d’histoire (la grande et la petite), qui agissent en miroirs déformants. Le mélange quotidien/spectaculaire et la confrontation des mondes servent de principe réactif au mouvement de la déambulation. 

 

 

grandeparadeLa trame de la déambulation s’inscrit donc forcément dans un contexte, un espace public, et est ainsi toujours un envahissement, une surimpression, un débordement.

 

 

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