Texte alternatif

Le Palais des Découvertes (1993)

palais

 

Entresort Forain

 

Avec le Palais des Découvertes, la compagnie Off compose cette fois avec le fragile équilibre de la normalité et de l'anormalité par une mise en situation initiatique, le Palais est un labyrinthe. Découverte de soi, des autres, au delà de ses propres représentations. Revisiter le théâtre forain, proposer une approche singulière de baraque à phénomènes.
Au coeur du “Palais des découvertes”, la Compagnie Off détourne la notion même de “curiosité” : les rôles montreurs/montrés sont inversés. Les “freaks”, ici propriétaires de la baraque foraine, invitent le public à découvrir en un tourbillon visuel et sonore, le corps de l’attraction : son propre reflet. Oscillation entre un jeu jubilatoire (face à face aux miroirs déformants) et une certaine inquiétude. Regards tout d’abord malaisés, puis amusés, enfin captivés. Au fil de l’attraction, les barrières tombent, l’apprivoisement réciproque s’organise. Trop tard ! Le public est “remercié”

Joc, le petit homme de cristal, est bonimenteur et propriétaire de l'attraction. S'élevant sur son trône hydraulique, il s'écrie : " Je vole… je vole, je suis le plus grand du monde ". Sur un piédestal, sa femme, la " grosse-caisse", vend les tickets : " Allons mes chéris, une petite escapade dans la cinquième dimension ? Un voyage au centre de la vie ? ", promenant son énorme poitrine sous le nez des premiers rangs. Leurs filles, les siamoises, placées à l'entrée du Palais, poinçonnent en cadence les premiers billets. À l'intérieur cinq zouaves s'affairent autour du phénomène, plastiquement parfait, " la honte de la famille " : le Palais des Découvertes trouble notre perception des formes… et du fond.