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« I PAGLIACCI » de Ruggero Leoncavallo, 1892

 

« I Pagliacci » (Les Saltimbanques en italien) est un opéra en deux actes de Ruggero Leoncavallo, créé le 21 mai 1892 à Milan. C’est l’histoire d’une passion, une histoire d’amour et de mort. Rendu célèbre par la magistrale mise en abyme de son action dramatique, l’opéra fut célébré lors de sa création comme l’un des premiers opéras véristes, genre qui consiste à s’inspirer de faits réels, et dont « Carmen » de Georges Bizet deviendra le plus célèbre.

Les Personnages
Canio : Le directeur de la troupe, mari trompé au tempérament sanguin et jaloux
Nedda : La femme de Canio au cœur volage, qui désire fuir cette vie de saltimbanques avec son amant
Silvio : Un homme du village, l’amant de Nedda, qui souhaite la persuader de s’enfuir avec lui
Tonio : Le bouffon de la troupe, difforme et torturé, secrètement amoureux de Nedda

 

ACTE  I
Une troupe de saltimbanques débarque dans un petit village italien. Canio annonce la représentation du soir sous les acclamations, puis la troupe se dirige vers l’auberge pour boire un verre, à part Tonio, qui reste pour secrètement courtiser Nedda. Un villageois insinue alors que Tonio est amoureux de Nedda. Canio n’apprécie pas la plaisanterie et répond qu’il serait fou, celui qui souhaiterait lui voler sa femme… Nedda, restée seule, rumine les paroles de son mari. Tonio apparaît alors, et commence à lui déclarer sa flamme. Elle se moque de lui, mais il insiste, de plus en plus brutal. Elle finit par l’éloigner d’un coup de fouet. Tonio s’en va en criant vengeance…
Apparaît Silvio, l’amant de Nedda. Il l’implore de s’enfuir avec elle après le spectacle du soir, mais Nedda hésite, aussi amoureuse soit-elle. Elle craint la colère de Canio. Ils ignorent que Tonio les espionne. Ce dernier, meurtri et amer, va prévenir Canio de l’infidélité de sa femme. Quand ils arrivent sur les lieux, Silvio a à peine le temps de s’enfuir, et Nedda nie les accusations. Canio s’emporte violemment, mais l’heure du spectacle arrive, il devra remettre à plus tard sa colère. Il est temps de se maquiller et de revêtir le costume de Pagliacco… 

ACTE  II
Le public est venu nombreux, le spectacle va commencer. La pièce reflète de façon ironique et cruelle la réalité vécue quelques minutes auparavant : Canio interprète Pagliacco, le mari trompé, Nedda est Colombine, la femme adultère qui dîne avec son amant Arlequin, et Tonio est Taddeo, le bouffon.
Pagliacco surprend Colombine et Arlequin, joué par un comédien de la troupe, mais la ressemblance avec son désespoir réel est trop grand, et il sort peu à peu du personnage pour redevenir Canio, le mari bafoué. Nedda tente tant bien que mal de persuader le public que tout ceci fait partie de la pièce, mais Canio devient de plus en plus violent. Quittant définitivement son rôle, il ordonne à Nedda de lui avouer le nom de son amant, sous peine de mort. Les spectateurs applaudissent, ravis du réalisme du jeu des acteurs… Mais Canio, fou de rage et de chagrin face au refus de Nedda d’avouer sa trahison, saisit un couteau et la poignarde. Dans un dernier souffle, elle appelle son amant, Silvio. Celui-ci se jette sur scène, mais est reçu par un deuxième coup de couteau de Canio. 
Canio/Pagliacco se tourne vers le public horrifié, et annonce que « La commedia é finita … »

 

« Pagliacci ! » Compagnie Off, 2011


En 2011, la Compagnie Off propose une relecture extrême – bien que fidèle dans l’esprit – de cet opéra. Nedda est morte et notre histoire commence... Dans un univers en technicolor emprunté aux années 50 américaines et au cinéma italien, la fille de Nedda a repris le rôle de sa mère au sein de la troupe. 

Canio, qui ne s’est jamais vraiment remis du meurtre de sa femme, tente malgré tout d’assurer la représentation à venir.  Le jeune Tonio s’avère être resté fidèle à la perversité de son prédécesseur, et Silvio le grand séducteur, derrière son aisance effrontée, laisse percevoir l’âme meurtrie du Clown Triste... 

Mais dans les visions enivrées de Canio, le passé et le présent vont se brouiller, la réalité et la fiction se mélanger, les morts et les vivants se confondre. Le public est-il finalement devant, ou derrière le rideau ?

La commedia non é finita…